Faut-il s’inquiéter de l’achat du Château de Gevrey-Chambertin par un tycoon chinois ?

Faut-il s’inquiéter de l’achat du Château de Gevrey-Chambertin par un tycoon chinois ?

La nouvelle est tombée hier soir et déjà elle résonne dans tous les salons français, un tycoon chinois s’est offert le Château de Gevrey Chambertin, ses deux hectares de vignes, sa capacité de production estimée entre 10 et 12 000 bouteilles pour 8 millions d’euros, rien que ça ! La Safer n’a rien pu (voulu?) faire. Les vignerons grondent, la presse relaye, les influents influences et la caravane passe….

Mais la vraie question est : Faut-il s’inquiéter de l’achat du Château de Gevrey-Chambertin par un tycoon chinois ?

Non

Tout d’abord, ce n’est pas la première fois qu’un investisseur étranger s’empare d’un vignoble en France, ni même un investisseur chinois. Le Réseau Vinéa spécialiste des transactions viticoles recense à ce jour pas moins d’une vingtaine de châteaux bordelais passés aujourd’hui sous la propriété du si redouté empire du Milieu. L’actrice-mannequin Zhao Wei a même été la première à s’offrir fin 2011, un premier grand cru de Bordeaux Château Monlot (saint-Emilion).

Le foncier s’achète, mais ne s’exporte pas !

Le prix des bouteilles ne flambe pas plus qu’avec des propriétaires 100 % frenchies.

Un ambassadeur ? Certes une partie de la production se voit directement expédiée, mais n’est-ce pas une occasion de faire reconnaitre un vin et sa culture dans un pays étranger assoiffé de connaissance ?

Dans la plupart des cas, comme pour le Château Gevrey-Chambertin, les nouveaux propriétaires affirment vouloir conserver le personnel compétent tant dans les vignes qu’aux chais alors qu’eux n’ont bien souvent pas ces connaissances dans leurs pays. Mais il est vrai qu’en France on est souvent de nature critique, voire sceptique.

Crédits: Le bien public

Oui

C’est un fait, le vignoble français est atomisé avec des milliers de petits domaines, la Bourgogne en est le parfait exemple. Bénéficiant d’une grande renommée, mais de faibles tailles et parfois touchés de plein fouet de la crise, les vignerons se résolvent à vendre leur domaine au plus offrant, bien souvent à de riches investisseurs étrangers.

Peu importe la nationalité, mais il faut avouer que la transaction est un record absolu sur les 550 hectares que compte l’appellation des Côtes de Nuit ! 8 millions d’euros pour deux hectares, un château et quelques bouteilles en stock ! À lui seul, ce fait laisse comprendre la peur qu’ont les vignerons Bourguignon sur la création d’une spéculation incontrôlable qui les empêcheraient de prospérer.

La Safer et l’union des vins de Gevrey-Chambertin n’ont rien réussi à faire. Pourtant la Safer est censée avoir un pouvoir de préemption exerçable aux profits de jeunes vignerons souhaitant s’installer. Mais que faire lorsque les prix s’envolent aussi haut ?

Comme le mentionne le site Challenge, cet achat fait également bondir, car intervenant au moment où la Chine envisage l’instauration de mesures de protectionnisme sur les importations de vins européens qui porteraient selon les autorités chinoises préjudice à la production locale de l’empire du Milieu. Or d’après la commission européenne, l’importation de vins en Chine représenterait 1 milliard d’euros. Il faut également savoir que les grands crus français subissent déjà une taxe de 48 % à l’importation. On comprend plus facilement l’agacement de la filière.

Allez on trinque ?

#Winelover et un peu "geek" sur les bords, je suis naturellement effervescent (@champagnepetre) et dingue de médias sociaux. Je suis social média manager pour le compte de diverses sociétés en lien avec la filière vin.