Il faut sauver le soldat Vassal !

Il faut sauver le soldat Vassal !

« Tout amour est respectable : celui qui aime est un seigneur, l’indifférent un vassal. » Déclarait Lucie Faure dans “Les bons enfants ». Une citation qui me vient en tête alors que j’apprends que l’avenir du Domaine de Vassal ne tient plus qu’à une racine, que dis-je, une radicelle !

 

Le domaine de Vassal pourrait fermer ses portes et son patrimoine être déplacé, dispersé !

Pour rappel, le Domaine de Vassal, dirigé par l’Institut Nationale de Recherche Agronomique de Montpellier, est THE centre de recherche ampélographique (étude des cépages).

C’est dans ce domaine, situé sur la bande sablonneuse de la commune de Maseillan Plage, que 4 000 cépages en provenance d’une quarantaine de pays se dorent les feufeuilles.

La création d’un centre ampélographique remonte à 1876, période sombre ou le phylloxéra dévastait les vignobles un à un. Souhaitant comprendre comment éradiquer ce parasite, les vignerons s’étaient unis avec l’État pour créer un centre de recherche ainsi que des écoles. Initialement abrité à Montpellier, le centre a dû déménager en 1949 devant l’importance des cépages qui venait s’accumuler.

 Domaine de Vassal

Pourquoi le domaine de Vassal pourrait fermer ses portes ?

Il faut savoir que l’INRA, l’organisme responsable de l’exploitation et des recherches au sein du Domaine de Vassal n’est pas propriétaire des terres. Elles sont mises en location par l’un des groupes champenois les plus importants après LVMH, Vranken; propriétaire des marques : Pommery, Vranken, Heidsieck & Co Monopole et Charles Lafitte, mais aussi des Porto Rozes, Sao Pedro…

D’après le magazine Viti, c’est l’État, qui souhaitant réduire le budget alloué à l’INRA, n’aurait plus les moyens de s’offrir ce site unique et serait donc à la recherche d’un autre site.

Les pertes liées à ce déménagement seraient inestimables !!!

Si cette décision est maintenue, l’INRA va donc être obligé de procéder à la transplantation d’un patrimoine ampélographique inestimable !

En sachant qu’on galère déjà à déménager de simples meubles IKEA, imaginez vous déplacer sans dommage plus de 4 000 cépages, dont certains, datant de l’aire préphylloxérique !

Sans parler du risque d’erreur déjà rencontré lors de précédente transplantation comme ce fut le cas au Domaine de L’Espiguette (géré par l’Institut Français de la Vigne et du Vin) sur un certain Pinot Noir en clone 583 (article à paraitre prochainement dans le magazine La Vigne).

Aujourd’hui, nombre d’amateurs de vins, comme vous et moi, cherchent à comprendre les vins, les terroirs, mais également la typicité de chaque cépage, des porte-greffe. Expliquant l’intérêt suscité par la réintroduction de cépages autochtones, comme ce fut exprimé lors de la European Wine Blogger Conference 2012 en Turquie (pays qui dénombre entre 600 et 1200 cépages locaux – Jancis Robinson).

Imaginez si la France perdait, la richesse de 2000 ans de viticulture. Sans conservation de ce patrimoine, comment faire progresser la viticulture ?

Les pertes liées à ce déménagement pourraient être inestimables !

grape

Peut-on faire quelque chose ?

Il est important que l’ensemble des responsables, mais également des #WineLover-s comme vous et moi se mobilise en vue de maintenir l’intégrité de notre patrimoine viticultural.

Toi aussi aide à sauver le soldat Vassal, en signant la pétition.

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Voir également le projet Wine Mosaic

#Winelover et un peu "geek" sur les bords, je suis naturellement effervescent (@champagnepetre) et dingue de médias sociaux. Je suis social média manager pour le compte de diverses sociétés en lien avec la filière vin.
  • https://profiles.google.com/vincent.petre Vincent Pétré

    Pour compléter le sujet, ne manquez pas de lire la lettre ouverte de Michel Grisard (Prieuré St-Christophe et également Président du Centre d’Ampélographie Alpine Pierre Galet) adressée aux Ministres de l’Agriculture et de la Recherche : http://bit.ly/17IHsLz